“la masse molle est banale, alors dans le tourbillon de toutes nos existences soyons les orpailleurs des plus belles émergences du beau geste, afin que devienne inoubliable la quintessence de la Culture ” CADC
Ce joli mini tigre rôdant dans le Door Studio est venu se lover au centre de la mise en scène du Show room de AF Vandevorst, à l'endroit où viennent se croiser les regards il doit faire plus chaud peut être.
Cette mise en scène reprenait fortement l'esthétique du grand Joseph Beuys notamment dans ce costume clairement inspiré du costume de feutre de 1970 (ci-dessous) .
A la vue de la quiétude de ce petit chat nous pouvons imaginer que AF avait réussi à faire un miracle pour que sa laine ne gratte pas !
Mettre ses vêtements dans un décorum d’hôpital c'est plutôt périlleux quand même comme communication!.
Et à nouveau nous retrouvons un des concepts de Beuys celui du vêtement médicamenteux inspirés par son expérience personnelle quand les Tatares le sauvèrent de l'hypothermie en l'enroulant dans du feutre.Ci dessous repris par Maurizio Cattelan en 2000...
Vandervorst réinterprète aussi le pyjama croix rouge avec coussin intégré ...
Je préfère la finesse et la grâce de la version de Viktor &Rolf quant même!
En tout cas il y avait une vrai Dandy girl pour faire honneur à une de ses jupes!
Dès l'intitulé "Poils & Plumes nous voilà transportés vers un retour à la faune. Hormis quelques unes qui en ornent leurs chapeaux et quelques écrivains qui se la logent dans le cul nous avons fort peu de plumes... Quant aux poils nous essayons de les soustraire de la surface de notre corps la plupart du temps. Ainsi nous tentons de moins voir le singe que nous sommes nous considérons les animaux hormis les chats et les chiens comme du bétail que nous ridiculisons autours de la notion de bêtes...
Rien de tel que de voir les sublimes travaux de Nick Brandt pour enfin sentir que derrière ces fourrures se cachent des semblables ...
Nick Brandt..
En effet l'homme ne descend pas du singe mais EST toujours un grand singe. Nous
avons bien inventé la notion de dieux afin de justifier d'un statut hors de
la faune, pourtant nous n'en sommes pas supérieur c'est juste que des mensonges anthropocentriques... Certes nous avons "maitrisé" le feu entre 400 000 et 790 000 ans cependant nous restons toujours des singes habillés qui jouent avec
les allumettes, nous ne maitriserons bientôt plus l'incendie que nous avons déclenché avec notre pollution comme dans le livre "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis...
Nick Brandt
Nous regardons le gorille avec la peur d'une machine puissante pourtant cet "animal" est bien plus tendre que les vigiles qui gardent nos endroits...
Je vous invite à voir sur le sujet des liens humano simiesques aux travers de l'histoire d'un gorille devenu "humain" dans la pièce de Brontis et Alejandro Jodorowky " Le gorille".Ici en extrait en espagnol
Dans les autres travaux à propos de l'intimité avec nos frères de Bornéo il y avait cette photo de Juliette Agniel aussi.
Je vous conseille aussi une partie de ce film ...
Il faut savoir cultiver le singe qui existe en nous...
Le collectif parisien "France Fiction" qui est composé deMARIE BONNET, STÉPHANE ARGILLET, ÉRIC CAMUS, LORENZO CIRRINCIONE et NICOLAS NAKAMOTO, est invité à produire une exposition du 24 mai au 25 septembre au Musée du Jeu de Paume à Paris.
Et dès l'introduction en ces lieux, je fus frappé par l'esthétique totale et raffinée de ces artistes.
Nous nous retrouvons dans "une cérémonie" dans laquelle tous les détails sont élaborés afin de créer une immersion totale. Comme l'avait fait J. Beuys en son temps la mise en scène est totale. Beuys appelait cela "la conduite esthétique" quand le niveau d'intervention touche à l'ensemble du visible (installation, action, langage, vêtement, accessoires, lumières... ).Cette exposition s'articule autours d'un club de joueurs de billes géré par le sous ensemble France Fiction, qui se nomme : Billes -Club Concordance Accident. Nous sommes autant face à de la performance qu' une proposition d'agir en rejoignant ce club.! Pour cela il faudra les contacter et se faire initier au règles du jeu qui paraissent impénétrables ......
Ainsi, le 14 juillet, des nouveaux membres ont pu être introduits lors d'une grande partie, à condition d'avoir une chemise blanche et des souliers propres. Comme à Wimbledon ou comme chez les tireurs d'escrime, cette tenue virginale et immaculée est une vulnérabilité à la tache et autre marque dans l'action, ceci pour montrer les traces écarlates du premier sang versé, j'adore!
Évidemment, je fus saisi par le raffinement vestimentaire de ce club nous touchons ici à du vrai dandysme esthétique, un dress code commun tout de blanc avec une veste noir un écusson en forme de pentagone, des rehauts en broderie (voir sur le revers de la manche ).
Pourtant cet uniforme n'en est pas un ; car chacun des artistes y est allé de son adaptation personnelle : les chaussures, des différents cols de chemises ainsi leurs nouages , car nous avons à faire à un groupe dont chaque membre à une forte personnalité. France Fiction est une chimère à 5 têtes, d'où une métaphore probable en utilisant le pentagone comme emblème ...
Sur une des mezzanines longeant l'escalier qui descend jusqu'à la surface où l'on peut jouer aux billes, il y a plusieurs vitrines montrant les divers accessoires du Club. Ces vitrines me rappellent encore le grand Joseph Beuys
Après tout, c'est l'écrin logique afin de présenter des accessoires de performances .
En tout cas, c'est dans une de ces vitrines qu j'ai pu approcher l'objet central de la mise en scène : la bille!
Ces billes de jeu sont en acier et comme on me l'a expliqué plus tard, elles ont différentes phrases gravées dessus.
Et c'est en réalisant la matière dont étaient faites ces billes de l'acier, que je me suis dis qu'il y avait peut être une ellipse tragique autours de ce jeu. Car jouer avec des billes d'acier nous fait clairement passer dans une catégorie de jeu d'adultes ... D'un coup, la bille d'acier s'est mise à tournoyer dans la machine à laver de mon cerveau et dans sa révolution elle a heurté, au détours d'un méandre de mon cerveau, un poème de Jim Morrisson du livre une prière américaine qui dit : "tout jeu contient l'idée mort"... Je me suis donc mis à m'imaginer un scénario sur les règles, selon lesquelles il faudrait passer à travers le pentagone avec ces micros boulets en acier tout en évitant les billes blanches en sentinelle dans les angles afin de voir sa bille apparaitre dans le miroir ? Et c'est là où j'ai compris l’intérêt des miroirs comme une parabole de la foule médiatique? Une sorte de jeu pour des généraux soviétiques à la retraite? Enfin c'est une option explicative...
Aussi non, ce jeu avec cette mini sphère me rappelle les facéties de Chaplin dans le Dictateur ..
Après tout, c'est sans doute avec un certain cynisme sur un bon nombre de symboles que les France Fiction jouent leur poésie car finalement toute l’œuvre semble servir un propos décalé aux règles incompréhensibles afin de générer un discours poétique ...